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La lactoferrine, une molécule naturelle à l’essai dans la lutte contre la COVID-19 25 novembre 2020

La lactoferrine, une molécule naturelle à l’essai dans la lutte contre la COVID-19

Les propriétés de la lactoferrine

Glycoprotéine naturellement présente dans le lait maternel, la lactoferrine est réputée pour son effet régulateur de l’activité du système immunitaire. La littérature scientifique rapporte également ses effets bactériostatiques (par l’empêchement de la multiplication des organismes pathogènes), bactéricides et antiviraux.

De nombreuses études étalées de 2007 à 2016 avaient déjà démontré les bienfaits de la lactoferrine dans le cadre de la nutrition infantile, soulignant le rôle que la glycoprotéine pouvait jouer dans la maturation intestinale et dans la résistance aux infections : les effets immuno-modulateurs de la lactoferrine étant en partie expliqués par ses effets positifs sur la flore intestinale.[1] Une étude de 2007 concluait notamment que la lactoferrine prémunissait les nourrissons contre les infections respiratoires basses des premiers mois.

Protéine d’origine naturelle, la lactoferrine est présente dans les sécrétions humaines comme les larmes et la salive, et en plus grandes proportions dans le lait maternel. Sa forte affinité avec le fer augmente son absorption. Elle peut être utilisée pour plusieurs de ses avantages, parmi lesquels la limitation des infections grâce à ses vertus antimicrobiennes, la stimulation du système immunitaire, l’amélioration de la santé des intestins ou encore la prévention de la carence en fer.

 

La piste de la lactoferrine pour traiter les patients souffrant de Covid-19

Utilisée pour ses vertus antimicrobiennes et anti-inflammatoires ainsi que pour son effet immuno-régulateur, la lactoferrine est une piste sérieuse dans la recherche de traitements préventifs contre la Covid-19.

Les effets antiviraux directs et indirects de la lactoferrine ont été démontrés in vitro[2]. Ses effets inhibiteurs de croissance microbienne sont en partie liés à la capacité de la protéine à retenir le fer. Mais indépendamment de cette capacité, la lactoferrine interagit avec les surfaces microbiennes, virales et cellulaires, inhibant ainsi l’adhésion microbienne et l’entrée des virus dans les cellules hôtes.

Les effets antiviraux de la lactoferrine sont généralement attribués à sa capacité évidente de régulation du système immunitaire. Mais il a aussi été démontré[3] qu’elle pouvait interférer de manière directe dans le cycle de vie de nombreux virus : dans le cas de l’adénovirus par exemple, la lactoferrine exerce son action sur le processus d’attachement du virus et inhibe sa réplication. Elle interfère également dans l’infection adénovirale en se liant aux structures de l’enveloppe virale. On connaît la capacité de la lactoferrine à interférer in vitro avec d’autres particules virales, comme le virus de l’herpès félin.

 

Les essais prometteurs de la lactoferrine dans la prévention et le traitement de l’infection au Covid-19

Partant du constat de la multifonctionnalité de la lactoferrine, des chercheurs la considère comme une candidate idéale pour lutter contre le coronavirus SARS-CoV-2, responsable de la maladie Covid-19.[4]

Deux études prometteuses in vitro, l’une réalisée en 2011 sur le SARS-CoV et la seconde réalisée en 2020 sur le SARS-CoV-2, ont démontré que la lactoferrine, capable d’inhiber l’infection virale en phase précoce, est également efficace contre le SARS-CoV-2 en phase de post-infection.[5]

L’étude de 2020[6] a été menée par les équipes de l’hôpital universitaire de Rome pour évaluer le rôle de la prise orale et intranasale de lactoferrine chez 32 patients atteints de Covid-19 avec des symptômes légers à modérés, ainsi qu’avec une forme asymptomatique. Elle vise à documenter l’efficacité de la protéine dans l’amélioration des symptômes et dans l’élimination du virus. Un groupe de contrôle composé de 32 volontaires sains a également été créé. La dose prévue d’apo-lactoferrine liposomale par voie orale était d’1 gramme par jour pendant 30 jours sous forme de 10 capsules par jour, en plus de la même formulation administrée par voie nasale 3 fois par jour. Une réduction de l’ensemble des symptômes a pu être observée chez tous les patients, à l’exception de la fatigue qui a perduré chez un peu plus d’un tiers du groupe. D’autres données très prometteuses ont émergé de ces essais, comme la baisse des taux de D-dimères, cruciaux dans le pronostic de la maladie, ainsi que la régulation de l’Interleukine 6 (IL-6), l’une des trois cytokines pro-inflammatoires.

 

Les propriétés de la lactoferrine utilisées dans la fabrication de masques de protection

Fruit de 10 ans de recherches, le Virustatic Shield est un textile antiviral mis au point au Royaume-Uni pour lutter contre la propagation aérienne de virus à ARN tels que l’influenza, le SRAS et la Covid-19. Il ne s’agit pas d’un masque PPE, mais plus justement d’un couvre-visage, semblable à un cache-col, d’une grande respirabilité, capable de bloquer, capturer et désactiver les virus respiratoires en contact. L’écharpe Virustatic Shield utilise un matériau hydrophile testé pour ses capacités de blocage et de retenue du virus, recouvert de Viruferrin™ – un composé breveté contenant des protéines naturelles, parmi lesquelles la lactoferrine – qui ajoute une protection supplémentaire en liant et en capturant le virus sur la surface de la matière afin d’éviter son inhalation.

La protéine naturelle Lactoferrine est sollicitée pour ses différentes propriétés dans la lutte et la prévention contre les virus depuis plusieurs années. Ses vertus antivirales offrent des pistes particulièrement intéressantes dans le cadre des recherches de traitements préventifs et de méthodes de lutte contre le Covid-19. Associée à d’autres actifs, la lactoferrine pourrait servir à atténuer les symptômes de la maladie mais aussi à prévenir sa transmission.

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[1] Cuibai Fan. Effect of lactoferrin, probiotics and SM3 (milk extract enriched in sphingolipides) on immune function in mice. Life Sciences [q-bio]. AgroParisTech, 2008. English. ffNNT : 2008AGPT0054ff. ffpastel-00005539f

[2] Berlutti F, Pantanella F, Natalizi T, Frioni A, Paesano R, Polimeni A, et al. Antiviral properties of lactoferrin–a natural immunity molecule. Molecules. 2011;16(8):6992-7018. Epub 2011/08/19. doi: 10.3390/molecules16086992. PubMed PMID: 21847071; PubMed Central PMCID: PMCPMC6264778.

[3] Redwan EM, Uversky VN, El-Fakharany EM, Al-Mehdar H. Potential lactoferrin activity against pathogenic viruses. C R Biol. 2014;337(10):581-95. Epub 2014/10/06. doi: 10.1016/j.crvi.2014.08.003. PubMed PMID: 25282173.

[4] Campione, E., Cosio, T., Rosa, L., Lanna, C., Di Girolamo, S., Gaziano, R., Valenti, P., and Bianchi, L. (2020). Lactoferrin as Protective Natural Barrier of Respiratory and Intestinal Mucosa against Coronavirus Infection and Inflammation. Int J Mol Sci 21.

[5] Mirabelli, C., Wotring, J.W., Zhang, C.J., McCarty, S.M., Fursmidt, R., Frum, T., Kadambi, N.S., Amin, A.T., O’Meara, T.R., Pretto, C.D., et al. (2020). Morphological Cell Profiling of SARS-CoV-2 Infection Identifies Drug Repurposing Candidates for COVID-19. BioRxiv.

[6] Ibid.

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